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Tour Eiffel

La tour Eiffel est une tour de fer puddlé construite par Gustave Eiffel et ses collaborateurs pour l'Exposition universelle de 1889. Situé à l'extrémité du Champ-de-Mars, en bordure de la Seine, ce monument parisien, symbole de la France et de sa capitale est l'un des sites les plus visités du pays. Coordonnées :

D'une hauteur de 300 mètres à l'origine, surélevée par la suite de nombreuses antennes culminant à 325 mètres, la tour Eiffel est restée l'édifice le plus élevé du monde pendant quarante ans. Utilisée dans le passé pour de nombreuses expériences scientifiques, elle sert aujourd'hui d' de programmes radiophoniques et télévisés.

Présentation générale

Contestée par certains à l'origine, la tour Eiffel fut d'abord, à l'occasion de l'Exposition universelle de 1889, la vitrine du savoir-faire technologique français. Plébiscitée par le public dès sa présentation à l'Exposition, elle a accueilli plus de 220 millions de visiteurs depuis son inauguration. Sa taille exceptionnelle et sa silhouette immédiatement reconnaissable en ont fait un emblème de Paris.

Imaginée par Maurice Koechlin et Émile Nouguier, respectivement chef du bureau des études et chef du bureau des méthodes d'Eiffel & Cie, la tour Eiffel est conçue pour être le « clou de l'Exposition de 1889 se tenant à Paris. ». Le premier plan est réalisé en juin 1884 et amélioré par Stephen Sauvestre, l’architecte en chef des projets de l'entreprise, qui lui apporte plus d'esthétique.

Le 1886, le ministre du Commerce et de l'Industrie Édouard Lockroy, fervent défenseur du projet, signe un arrêté qui déclare ouvert « un concours en vue de L’Exposition universelle de 1889 ». Gustave Eiffel gagne ce concours et une convention du 8 janvier 1887 fixe les modalités d'exploitation de l'édifice.

Construite en 2 ans, 2 mois et 5 jours, de 1887 à 1889, par 250 ouvriers, elle est officiellement inaugurée le 31 mars 1889. Sa fréquentation s'érode rapidement; la tour Eiffel ne connaîtra véritablement un succès massif et constant qu'à partir des années 1960, avec l'essor du tourisme international. Elle accueille maintenant plus de 6 millions de visiteurs chaque année.

Ses 300 mètres de hauteur lui ont permis de porter le titre de « plus haute structure du monde » jusqu'à la construction en 1930 du Chrysler Building, à New York. La tour Eiffel, construite sur le Champ-de-Mars, près de la Seine, dans le 7e arrondissement de Paris, est actuellement exploitée par la Société d'exploitation de la tour Eiffel (SETE). Le site, qui emploie 500 personnes (250 directement employés par la SETE et 250 par les différents concessionnaires installés sur le monument), est ouvert tous les jours de l'année.

Emplacement géographique

La tour Eiffel est située dans le 7 arrondissement de Paris, en France, et plus précisément aux coordonnées géographiques . Ci-dessous, son emplacement est précisé par les zones encerclées en rouge.



La tour Eiffel dans ParisLa tour Eiffel dans le 7e arrondissement

Données techniques

Le tableau ci-dessous indique les principales dimensions de la tour Eiffel.

Description de la tour étage par étage

Les informations ci-dessous décrivent les principales données techniques de chaque étage, ainsi que les principales curiosités qui s'offrent au visiteur, une fois sur place.

La base

SituationDimensionsConstructionConcepteursMatériaux
Pieds de la tourCôté : 25 m
Hauteur : 4 m
1887Maurice Koechlin
Émile Nouguier
Stephen Sauvestre
Béton
Gravier
Acier
La tour s'inscrit dans un carré de 125 mètres de côté, selon les termes mêmes du concours de 1886. Haute de 325 mètres avec ses 116 antennes, elle est située à 33,5 mètres au-dessus du niveau de la mer.

Les fondations

Les deux piliers situés du côté de l'École militaire reposent sur une couche de béton de 2 mètres, qui elle-même repose sur un lit de gravier, la fosse faisant en tout 7 mètres de profondeur. Les deux piliers côté Seine sont même situés en dessous du niveau du fleuve.

Les ouvriers travaillèrent dans des caissons métalliques étanches dans lesquels était injecté de l'air comprimé (procédé Triger). 16 massifs de fondation soutiennent chacune des arêtes des quatre piliers et d'énormes boulons d'ancrage de 7,80 mètres de long fixent le sabot en fonte d'acier sur lequel repose chaque pilier.

Les piliers :

Chacun des quatre piliers est orienté en direction des points cardinaux. La base des piliers est à chaque fois un socle en béton de 25 mètres de côté et de 4 mètres de hauteur.

De nos jours, les caisses pour l'achat des billets occupent les piliers nord et ouest, les ascenseurs sont accessibles depuis les piliers est et ouest, les escaliers menant jusqu'au deuxième étage et comprenant 1 665 marches sont accessibles depuis le pilier est, et enfin, le pilier sud comprend un ascenseur privé, réservé au personnel et aux clients du restaurant gastronomique Le Jules-Verne , situé au deuxième étage.

Les arcs :

Tendus entre chacun des quatre piliers, les arcs s'élèvent à 39 mètres au-dessus du sol et ont un diamètre de 74 mètres. Bien que très richement décorés sur les croquis initiaux de Stephen Sauvestre, ils le sont beaucoup moins de nos jours et ont surtout une fonction architecturale : rigidifier l'ensemble de la structure à sa base.

Le premier étage

SituationDimensionsSurfaceConstructionMatériau
57,63 m du solCôté : 70,69 m4 200 m²1887Fer puddlé
Situé à 57 mètres au-dessus du sol, d'une superficie de 4 200 mètres carrés environ, il peut supporter la présence simultanée d'environ 3 000 personnes.

Une galerie circulaire fait le tour du premier étage et permet d'embrasser une vue à 360° sur Paris. Cette galerie est ponctuée de plusieurs tables d'orientation et longues-vues permettant d'observer les monuments parisiens.

Ce premier étage abrite le restaurant Altitude 95 qui s'étend sur deux niveaux. Celui-ci offre d'un côté, une très belle vue panoramique sur Paris, et de l'autre, une vue sur l'intérieur de la tour. Son nom vient de l'altitude du premier étage de la tour Eiffel, situé à 95 mètres au-dessus du niveau de la mer.

On peut également voir certains vestiges liés à l'histoire de la tour Eiffel, notamment un tronçon de l'escalier en colimaçon qui, à l'origine du monument, montait jusqu'au sommet. Cet escalier a été démonté en 1986, lors des très importants travaux de rénovation de la tour. Il a été ensuite découpé en 22 tronçons dont 21 ont été vendus aux enchères, et achetés pour la plupart par des américains.

Enfin, un observatoire des mouvements du sommet permet de retracer les oscillations de la tour sous l'effet du vent et de la dilatation thermique. Gustave Eiffel avait exigé qu'elle puisse supporter une amplitude de 70 centimètres, ce qui ne fut jamais le cas puisque dans les faits, lors de la canicule de 1976, l'amplitude de l'oscillation a été de 18 cm et de 13 cm lors de la tempête de décembre 1999 (vent de 240 km/h).

Le deuxième étage

SituationDimensionsSurfaceConstructionMatériau
115,73 m du solCôté : 40,96 m1 650 m²1888Fer puddlé
Situé à 115 mètres au-dessus du sol, d'une superficie de 1 650 mètres carrés environ, il peut supporter la présence simultanée d'environ 1 600 personnes.

Actuellement, il est impossible de poursuivre par l'escalier au-delà du deuxième étage. Pour accéder au troisième étage, il est nécessaire d'emprunter l'ascenseur.

C'est de cet étage que la vue est la meilleure, l'altitude étant optimale par rapport aux bâtiments en contrebas (au troisième étage, ils sont moins visibles) et à la perspective générale (nécessairement plus limitée au premier étage). Lorsque le temps est dégagé, on estime que l'on peut voir jusqu'à 55 kilomètres au sud, 60 au nord, 65 à l'est et 70 à l'ouest.

À travers le plancher, des hublots vitrés ont été installés afin de permettre une vue plongeante sur le sol en contrebas. Des grillages métalliques de protection empêchent toute tentative de saut dans le vide, qu'il s'agisse d'un suicide ou d'un exploit sportif.

Le restaurant Le Jules-Verne est un restaurant gastronomique réputé d'une capacité de 95 couverts, récompensé d'une étoile par le célèbre guide Michelin , d'un 16/20 et trois toques au guide Gault-Millau. Inchangé depuis 1983, année de l'ouverture du restaurant, le décor , très sombre, se fond avec discrétion dans les structures métalliques de la tour et une grande baie vitrée permet d'avoir une très belle vue sur Paris. Son chef, Alain Reix est aidé en permanence par une trentaine de cuisiniers et de serveurs (le personnel compte 90 personnes en tout), sept jours sur sept. Un ascenseur « privé » (il sert aussi au personnel d'entretien de la tour), situé pilier sud mène directement à une plate-forme d'environ 500 m², à exactement 123 mètres de hauteur. La clientèle venant souvent de loin, les couverts sont réservés longtemps à l'avance, de un mois pour le midi à trois mois pour le soir.

Le troisième étage

SituationDimensionsSurfaceConstructionMât de télévision culminant à :
276,13 m du solCôté : 18,65 m350 m²1889324 m du sol
Situé à 276 mètres au-dessus du sol, d'une superficie de 350 mètres carrés, il peut supporter la présence simultanée d'environ 400 personnes.

L'accès se fait obligatoirement par un ascenseur (l'escalier s'arrêtant au deuxième étage) et donne sur un espace fermé ponctué de tables d'orientation. En montant quelques marches, le visiteur arrive sur une plate-forme extérieure, parfois dénommée - à tort - « quatrième étage ».

On peut apercevoir à cet étage une reconstitution du type « musée Grévin » montrant Gustave Eiffel recevant Thomas Edison qui ne fait que renforcer l'idée selon laquelle Gustave Eiffel aurait utilisé l'endroit comme bureau. La réalité historique est différente. Dans les faits, l'endroit a d'abord été occupé par le laboratoire météorologique, avant qu'il ne le soit par Gustave Ferrié dans les années 1910 pour ses expérimentations de télégraphie sans fil (TSF).

Tout en haut de la tour, un mât de télédiffusion a été installé en 1957, puis complété en 1959 pour couvrir environ 10 millions de foyers en programmes hertziens. Le 17 janvier 2005, le dispositif est augmenté du premier émetteur TNT français, portant à 116 le nombre d'antennes de télédiffusion et radiodiffusion de l'ensemble. L'ajout de cette 116ème antenne a fait passer la hauteur de la tour de 324 mètres à 325 mètres.

Historique

La tour Eiffel en 1889
(pendant l'exposition Universelle)
La tour Eiffel en 2005
(cliché touristique)


Chronologie

=== Histoire ===

Approche chronologique

La Troisième République et l'essor des techniques
Imaginée en 1884, édifiée entre 1887 et 1889 et inaugurée pour l'Exposition universelle de 1889 à Paris, la tour Eiffel symbolise de nos jours, un pays en entier, la France.

Pourtant, il n'en fut pas toujours ainsi.

Suite à la fin du règne de Napoléon III, la France dut faire face en 1870-1871 à sa défaite contre l'Allemagne et 1871 est également la date de la commune de paris, étouffée dans le sang.

À partir de 1875, la Troisième République naissante, caractérisée par une instabilité politique chronique, peine à se pérenniser.

Au gouvernement, les équipes politiques se succèdent les unes après les autres, à un rythme soutenu. Selon Léon Gambetta, il est souvent composé de ministres « opportunistes », mais dont l'œuvre législatrice posa les pierres des principes encore en vigueur de nos jours : école obligatoire, laïcité, liberté de la presse etc.

Mais la société de l'époque porte encore plus d'attention aux progrès techniques qu'elle ne croit au progrès social. C'est cette foi dans les bienfaits de la science qui a donné naissance aux Expositions universelles. Mais dès la première Exposition (Great Exhibition of the Works of Industry of All Nations , Londres, 1851), les gouvernants s'aperçoivent vite que derrière l'enjeu technologique se profile une vitrine politique, dont il serait dommage de ne pas profiter. En démontrant son savoir-faire industriel, le pays accueillant l'Exposition signifie par la même son avance et sa supériorité sur les autres puissances européennes, qui régnaient alors sur le monde.

Dans cette optique, la France accueille à plusieurs reprises l'Exposition universelle, comme en 1855, en 1867 et 1878. Jules Ferry, président du Conseil de 1883 à 1885, décide de relancer l'idée de la tenue d'une nouvelle Exposition universelle en France. Le 8 novembre 1884, il signe un décret instituant officiellement la tenue d'une Exposition universelle à Paris, du 5 mai au 31 octobre 1889. L'année choisie n'est pas innocente, puisqu'elle symbolise le centenaire de la Révolution française. Paris sera encore une fois au « centre » du monde. Quoique du côté du « nouveau monde », les choses évoluent vite et c'est de l'autre côté de l'Atlantique, au sein de la jeune puissance économique des États-Unis d'Amérique, que naîtra véritablement l'idée d'une tour de 300 mètres. En effet, lors de l'Exposition universelle de Philadelphie en 1876, les ingénieurs américains Clark et Reeves, imaginent un projet de pylône cylindrique de 9 mètres de diamètre maintenu par des haubans métalliques, ancrés sur une base circulaire de 45 mètres de diamètre, d'une hauteur totale de 1 000 pieds (environ 300 mètres). Faute de crédits, leur projet ne verra jamais le jour, mais sera quand même publié en France dans la revue Nature .

Dans la même lignée, l’ingénieur français Sébillot puise, aux États-Unis, l’idée d’une « tour-soleil » en fer qui éclairerait Paris. Pour ce faire, il s’associe avec l’architecte Jules Bourdais, celui qui fut à l’origine du palais du Trocadéro pour l’Exposition universelle de 1878. Ensemble, ils concevront un projet de « tour-phare » en granit, haute de 300 mètres qui connaîtra plusieurs versions, concurrencera le projet de tour de Gustave Eiffel, et qui finalement, ne sera jamais construit.
L'élaboration du projet
En juin 1884, deux ingénieurs des entreprises Eiffel, Maurice Koechlin et Émile Nouguier, respectivement chef du bureau d’études et chef du bureau des méthodes, se penchent à leur tour sur un projet de tour métallique de 300 mètres. Ils espèrent pouvoir en faire le clou de l’Exposition de 1889.

Le 6 juin, très exactement, Maurice Koechlin dessine le tout premier croquis de l’édifice. Le dessin représente un haut pylône de 300 mètres, où les quatre piles incurvées, se rejoignant au sommet, sont reliées par des plates-formes tous les 50 mètres. Gustave Eiffel voit cette esquisse, dit ne pas s’y intéresser, mais concède toutefois à ces concepteurs l’autorisation de poursuivre l’étude.

Stephen Sauvestre, architecte en chef des entreprises Eiffel est sollicité et redessine complètement le projet pour lui donner une autre envergure : il rajoute de lourds pieds en maçonnerie et consolide la tour jusqu’au premier étage par le truchement d’arcs, réduit le nombre de plates-formes de cinq à deux, surplombe la tour d’une « coiffe » la faisant ressembler à un phare, etc.

Cette nouvelle mouture du projet, agrémentée du vernis décoratif décrit ci-dessus, est à nouveau présentée à Gustave Eiffel qui, cette fois-ci, se montre enthousiasmé. À tel point qu’il dépose, le 18 septembre 1884, en son nom et ceux de Koechlin et Nouguier , un brevet « pour une disposition nouvelle permettant de construire des piles et des pylônes métalliques d’une hauteur pouvant dépasser 300 mètres ». Et bien vite, il rachètera les droits de Koechlin et Nouguier, pour détenir les droits exclusifs sur la future tour, qui par voie de conséquence, portera son nom.

Le génie de Gustave Eiffel ne réside donc pas dans la conception du monument, mais dans l’énergie qu’il a dépensée à faire connaître son projet auprès des gouvernants, des décideurs et du grand public, pour pouvoir construire la tour, et, une fois que cela fut fait, dans l’investissement pour en faire, aux yeux de tous, bien plus qu’un simple défi architectural et technique ou encore un objet purement esthétique (ou inesthétique selon certains). Il a aussi financé avec ses propres fonds quelques expériences scientifiques menées directement sur ou depuis la tour Eiffel, qui auront permis de la pérenniser.

Pour commencer, il va s’employer à convaincre Édouard Lockroy, le ministre de l’Industrie et du Commerce de l’époque, de lancer un concours ayant pour objet « d’étudier la possibilité d’élever sur le Champ-de-Mars une tour en fer à base carrée de 125 mètres de côté à la base et de 300 mètres de hauteur ». Les modalités de ce concours, qui eut lieu en mai 1886, ressemblent tellement au projet défendu par Gustave Eiffel qu’on pourrait presque croire qu’il fut écrit de sa propre main. Bien sûr, il n’en est rien, mais il est évident que son projet a de grandes chances d’être retenu pour figurer à l’Exposition universelle qui se tient trois ans plus tard. Encore faut-il convaincre que l’objet n’est pas purement un bâtiment d’agrément et qu’il peut remplir d’autres fonctions. En mettant en avant, et ce dès le début, l’intérêt scientifique qui peut être retiré de sa tour, l’ingénieur Eiffel marque indéniablement des points.

L’issue du concours n’est pourtant pas acquise d’avance à Eiffel. La concurrence est rude. 107 projets sont déposés. Gustave Eiffel gagnera finalement ce concours, l’autorisant à construire sa tour pour l’Exposition universelle de 1889, juste devant Jules Bourdais qui avait entre-temps, troqué le granit pour le fer.

Deux problèmes se posent alors : le système d’ascenseurs qui ne satisfait pas le jury du concours, obligeant Eiffel à changer de fournisseur et l’emplacement du monument. Au début, il est envisagé de lui faire enjamber la Seine ou de le coller au Ancien Palais du Trocadéro devenu aujourd'hui le Palais de Chaillot, avant finalement de décider de la placer directement sur le Champ-de-Mars, lieu de l’Exposition, et d’en faire une sorte de porte d’entrée monumentale.

L’emplacement, mais aussi les modalités de construction et d’exploitation font l’objet d’une convention signée le 8 janvier 1887 entre Édouard Lockroy, ministre du Commerce, agissant au nom de l’État français, Eugène Poubelle, préfet de la Seine, agissant ici au nom de la Ville de Paris et Gustave Eiffel, agissant en son nom propre et non pour son entreprise. Cet acte officiel précise notamment le coût prévisionnel de la construction, soit 6,5 millions de francs de l’époque, payés à hauteur de 1,5 million de francs par des subventions (article 7) et pour le reste par une société anonyme ayant pour objet spécifique l’exploitation de la tour Eiffel, créée par Gustave Eiffel et financée par l’ingénieur et un consortium de trois banques. L’écrit précise aussi le prix des entrées qui devra être pratiqué durant l’Exposition universelle (article 7), que 300 places par mois (au plus) devront être gratuites, que, à chaque étage, une salle spéciale, devra être réservée pour mener des expériences scientifiques et/ou militaires, restant gratuitement à disposition pour les personnes désignées par le Commissaire général (article 8) etc. Enfin, l’article 11 stipule que :
La construction de la Tour
[tour Eiffel.gif|right|thumb|420px|Juillet 1887-Mars 1889 : Aperçu des différentes étapes de la construction de la tour Eiffel :

]] Initialement, Gustave Eiffel avait prévu douze mois de travaux ; en réalité, il faudra compter le double. La phase de construction qui débutera le 28 janvier 1887, s’achèvera finalement en mars 1889, juste avant l’ouverture officielle de l’Exposition universelle.

Sur le chantier, le nombre d’ouvriers ne dépassera jamais les 250. C’est que, en fait, une grande partie du travail est fait en amont, dans les usines des entreprises Eiffel à Levallois-Perret. Ainsi, sur les 2 500 000 rivets que compte la tour, seulement 1 050 846 furent posés sur le chantier, soit 42 % du total. La plupart des éléments sont assemblés dans les ateliers de Levallois-Perret, au sol, par tronçons de cinq mètres, avec des boulons provisoires, et ce n’est qu’après, sur le chantier, qu’ils sont définitivement remplacés par des rivets posés à chaud.

La construction des pièces et leur assemblage ne sont pas le fruit du hasard. 50 ingénieurs exécutèrent pendant deux ans 5 300 dessins d’ensemble ou de détails, et chacune des 18 038 pièces en fer possédait son schéma descriptif.

Sur le chantier, dans un premier temps, les ouvriers s’attaquent à la maçonnerie en réalisant notamment d’énormes socles en béton soutenant les quatre piliers de l’édifice. Cela permet de réduire au minimum la pression au sol de l’ensemble qui n'exerce qu'une très faible poussée de 4,5 kg/cm2 au niveau de ses fondations.

Le montage de la partie métallique proprement dite, commence le 1887. Les hommes chargés du montage de ce gigantesque Meccano sont nommés les voltigeurs. Ils sont dirigés par Jean Compagnon . Jusqu’à 30 mètres de hauteur, les pièces sont montées à l’aide de grues pivotantes fixées sur le chemin des ascenseurs. Entre 30 et 45 mètres de hauteur, 12 échafaudages en bois sont construits. Une fois passés les 45 mètres de hauteur, il fallut édifier de nouveaux échafaudages, adaptés aux poutres de 70 tonnes qui furent utilisées pour le premier étage. Est ensuite venue l’heure de la jonction de ces énormes poutres avec les quatre arêtes, au niveau du premier étage. Cette jonction a été réalisée sans encombre le 7 décembre 1887 et a rendu inutiles les échafaudages temporaires, remplacés dans un premier temps par la première plate-forme (57 mètres), puis, à partir d’août 1888, par la seconde plate-forme (115 mètres).

En septembre 1888, alors que le chantier est déjà bien avancé et le deuxième étage construit, les ouvriers se mettent en grève. Ils contestent les horaires de travail (9 heures en hiver et 12 heures l’été), ainsi que leur salaire considéré comme maigre eut égard aux risques pris. Gustave Eiffel argue du fait que le risque n’est pas différent qu’ils travaillent à 200 mètres d’altitude ou à 50, et bien que les ouvriers soient déjà mieux rémunérés que la moyenne de ce qui se pratiquait dans ce secteur à l’époque, il leur concède une augmentation de salaire, mais en refusant de l’indexer sur le facteur « risque variable selon la hauteur » (ce qui était demandé par les ouvriers). Trois mois plus tard, une nouvelle grève éclate, mais cette fois-ci, il tiendra tête et refusera toute négociation.

En mars 1889, le monument est achevé à temps et aucun accident mortel n'aura été déploré parmi les ouvriers (un ouvrier y trouvera toutefois la mort, mais c'était un dimanche, il ne travaillait pas et perdit l'équilibre lors d'une démonstration à sa fiancée). Il aura coûté 1,5 million de francs de plus que prévu, et aura pris le double de temps à être construit que ce qui était initialement prévu dans la convention de janvier 1887.

L’édifice achevé ou presque, il restait à prévoir un moyen pour que le public se rende à la troisième plate-forme. Les ascenseurs Backmann, qui étaient initialement prévus dans le projet présenté au concours de mai 1886, ayant été rejetés par le jury, Gustave Eiffel fait appel à trois nouveaux fournisseurs : Roux-Combaluzier et Lepape (devenus Schindler ), la société américaine Otis et enfin Léon Edoux (qui a fait ses études dans la même promotion que Gustave Eiffel).
La tour Eiffel de 1889 à la Première Guerre mondiale
Le 6 mai 1889, l’Exposition universelle ouvre ses portes au public, qui peut grimper sur la tour Eiffel à partir du 15 mai. Alors qu’elle avait été décriée pendant sa construction, notamment en février 1887 par certains des artistes les plus célèbres de cette époque, elle connaît, pendant l’Exposition, un succès populaire immédiat, remportant l’adhésion des visiteurs. Dès la première semaine, alors que les ascenseurs ne sont même pas encore en service, ce sont 28 922 personnes qui grimpent à pied en haut de l’édifice. Au final, sur les 32 millions d’entrées comptabilisés pour l’Exposition, ce sont environ 2 millions de curieux qui s’y presseront.

Le monument, qui est alors le plus haut du monde (jusqu’en 1930 et l’édification du Chrysler Building à New York), attire aussi quelques personnalités, dont la plus connue ou en tout cas celle qui toucha le plus Gustave Eiffel, est son confrère américain Thomas Edison .

La tour Eiffel n’est pas le seul monument qui attire les foules, l’immense Galerie des machines (440 mètres de long pour 110 mètres de large) de Ferdinand Dutert et Victor Contamin ou encore le Dôme central de Joseph Bouvard impressionnent tout autant. Mais la véritable nouveauté consiste en la généralisation de l’électricité, qui permet des jeux de lumière de toute beauté.

Mais, une fois l’Exposition finie, la curiosité retombe vite et le nombre de visiteurs avec. En 1899,seules 149 580 entrées sont comptabilisées. Afin de relancer l’exploitation commerciale de sa tour, Gustave Eiffel baisse le prix des billets d’entrée, sans que l’impact n’en soit significatif pour autant. Il faudra attendre l’Exposition universelle de 1900, une nouvelle fois ayant lieu à Paris, pour que remonte le nombre de curieux. À cette occasion, plus d’un million de tickets seront vendus, ce qui est largement supérieur aux dix années précédentes, mais bien inférieur à ce qui aurait pu être permis. En effet, non seulement les entrées sont deux fois moins nombreuses qu’en 1889, mais, en part absolue, la baisse est encore plus forte, compte tenu du fait que les visiteurs de l’Exposition universelle de 1900 étaient encore plus nombreux qu’en 1889.

La chute du nombre d’entrées reprend dès 1901, de sorte que l’avenir de la tour n’est pas assuré passé le 31 décembre 1909, fin de la concession d’origine. Certains avancent même l’idée qu’elle puisse être détruite.

Conscient de ce danger, Gustave Eiffel, qui avait, dès le départ, imaginé que la tour puisse servir d’un point de vue scientifique, multiplie les expériences menées depuis le monument. L’ingénieur définitivement retiré des affaires depuis 1893, suite à son implication dans le scandale du canal de Panamá, finance même une partie de ces expériences.

En 1889, Eleuthère Mascart, le (premier) directeur du Bureau Central Météorologique de France crée en 1878 (ancêtre de Météo France), fait installer, avec l’autorisation de Gustave Eiffel, une petite station d’observation en haut de la tour Eiffel. En octobre 1898, Eugène Ducretet établit la première liaison téléphonique hertzienne entre la tour Eiffel et le Panthéon de Paris, distant de 4 kilomètres. En 1903, le capitaine Gustave Ferrié, militaire de son état, cherche à établir un réseau télégraphique sans fil, sans le financement de l’Armée qui ne le soutient pas dans la mesure où elle privilégie à cette époque les signaux optiques et les pigeons voyageurs, jugés plus fiables. Malgré ce contexte et alors que la T.S.F. n’en est qu’à ses balbutiements, Gustave Eiffel soutient à ses frais le projet du capitaine en acceptant qu’il installe une antenne au sommet de sa tour. L’expérience se révélera un succès et on sait maintenant à quel point il s’agissait d’une technologie d’avenir. En 1909, une petite soufflerie est construite au pied de la tour Eiffel, qui sera remplacée dès 1912 par une soufflerie beaucoup plus vaste, installée cette fois-ci rue Boileau, dans le XVI arrondissement. Le réseau de TSF à usage strictement militaire dont fait parti l’émetteur de la tour Eiffel va basculer vers un usage civil à partir des années 1920. À partir de 1921, des programmes radio sont régulièrement diffusés depuis la tour Eiffel et Radio Tour-Eiffel, bien connue des parisiens, sera officiellement inaugurée le 6 février 1922. En 1925, la tour Eiffel sert de cadre aux débuts de la télévision en France. La technique s’améliore et des émissions encore expérimentales sont proposées entre 1935 et 1939. La télévision se répand ensuite dans les foyers, d’abord en noir et blanc, puis en couleur. En 1959, l’installation d’un nouveau mât de télédiffusion fait culminer la tour Eiffel à 320,75 mètres et arrose 10 millions de personnes. Enfin, en 2005, un émetteur pour la Télévision numérique terrestre est installé.

La tour Eiffel a donc bien un potentiel scientifique qui mérite d’être exploité, ce dont se rendent compte les autorités, qui décident donc, en 1910, de prolonger la concession et l’exploitation pour soixante-dix années supplémentaires. La tour apparaît d’autant plus utile qu’il s’agit du point le plus élevé de la région parisienne et que son émetteur de TSF aura été stratégique pendant la Première Guerre mondiale. Grâce à la tour Eiffel, plusieurs messages décisifs seront captés dont le « radiogramme de la victoire », qui permettra de déjouer l’attaque allemande sur la Marne, ou encore ceux qui permettront d’arrêter Mata Hari.
La Tour à l'époque moderne
En 1944, la tour échappe à l’incendie prémédité par les autorités allemandes et est réquisitionnée pour communiquer avec les troupes, d’abord par la Wehrmacht, puis à la Libération, par les Alliés.

À partir des années 1960, le tourisme international de masse commence à se développer, ce qui a des conséquences directes sur le nombre de visiteurs de la tour, qui monte en flèche pour atteindre progressivement le cap des 6 millions d’entrées annuelles (cap passé pour la première fois en 1998). S’étalant jusqu’en 1985, le chantier s’articule autour de trois axes :
  • L' allégement de la structure de l'édifice,
  • La reconstruction totale des ascenseurs et escaliers,
  • La création de moyens de sécurité adaptés au succès populaire de la tour.


Ainsi, la tour Eiffel sera allégée de 1 340 tonnes superflues, sera repeinte et traitée contre la corrosion, verra les ascenseurs de la troisième plate-forme remplacés, verra l’ouverture du restaurant gastronomique Le Jules-Verne ou encore mis en place un dispositif d’éclairage composé de 352 projecteurs au sodium.

Depuis les années 1970, la tour Eiffel a encore gagné en popularité et est devenu dans l’esprit collectif mondial, un des plus puissants symboles de la France.

Le 26 décembre 1978, Thierry Sabine lance le premier Paris-Dakar du Trocadéro, au pied de la tour Eiffel. Plusieurs concerts géants y ont lieu : Jean-Michel Jarre en 1994 ou Johnny Hallyday en 2000. Enfin, un grand nombre de films, notamment américains, exploitent l’inconscient collectif pour représenter en un seul plan, une seule séquence, Paris ou la France.

En 2002, le cap des 200 millions d’entrées cumulées est dépassé et en 2004, elle est le 5 monument le plus visité d'Île-de-France.

Le 2006, s’ouvre une nouvelle période d’exploitation de 10 ans, le concessionnaire étant la société d'économie mixte SETE (Société d'exploitation de la tour Eiffel), dont le capital est détenu à 60 % par la Ville de Paris.
Textes officiels déclarant le choix de l'exploitant de la tour Eiffel (de 1889 à nos jours)
Les textes désignant les exploitants de la tour Eiffel sont les suivants :
  • Convention du 8 janvier 1887, signée entre Gustave Eiffel, Édouard Lockroy et Eugène Poubelle, autorisant l'exploitation de la tour par Gustave Eiffel, en son nom propre, du jour d'ouverture au public lors de l'Exposition universelle de 1889 jusqu'au 31 décembre 1909 (texte :  -  -  -  -  -  - ).
  • Prolongation de l'autorisation de gestion et d'exploitation de la tour Eiffel donnée à Gustave Eiffel pour une période de 70 ans, à compter du 1er janvier 1910 (texte non disponible ).
  • Délibération du Conseil de Paris du 17 février 1981 (« portant sur la concession de la tour Eiffel », accordée à la SNTE pour une période de vingt-cinq ans, allant du 1er janvier 1981 au 31 décembre 2005 (texte non disponible ).
  • Délibération du Conseil de Paris du 13 décembre 2005 (2005 DF 92).
  • Attribution de la délégation de service public pour la gestion et l’exploitation de la tour Eiffel , accordée à la SETE pour une durée de dix ans, à partir du 1 janvier 2006 .

Approche thématique

La tour vue par les artistes
Alors qu’en février 1887, avant même son achèvement, la tour Eiffel est critiquée par de nombreux artistes de l’époque (Alexandre Dumas fils, Guy de Maupassant, Charles Gounod, Leconte de Lisle, Victorien Sardou, Charles Garnier, François Coppée, Sully Prudhomme, William Bouguereau ou encore Ernest Meissonier s’associent dans une lettre restée célèbre, pour fustiger « l'inutile et monstrueuse tour Eiffel », une frange des auteurs modernes la considère comme un puissant symbole en particulier et de l’avant-garde en général.
Peinture


Ainsi, avant même la fin de sa construction, Georges Seurat ou encore Paul-Louis Delance peignent la tour Eiffel. En 1889, le peintre Roux la représente à la Fête de nuit à l’Exposition universelle de 1889 et Jean Béraud la fait apparaître en arrière-plan de son Entrée de l’Exposition de 1889 .

Puis plusieurs peintres viendront directement s'en inspirer pour réaliser des représentations répondant à des courants artistiques divers : le Douanier Rousseau, Paul Signac, Pierre Bonnard, Maurice Utrillo, Marcel Gromaire, Édouard Vuillard, Albert Marquet, Raoul Dufy, Marc Chagall, ou encore Henri Rivière.

Mais le peintre le plus prolixe et inspiré vis-à-vis de la tour Eiffel reste Robert Delaunay, qui en fait le sujet central d'une trentaine de toiles, réalisées entre 1910 et 1925.
Musique


La tour Eiffel a également attiré de nombreux chanteurs, le lieu offrant pour le spectacle, des possibilités exceptionnelles, que ce soit pour l’artiste comme pour le public, acquis d’avance ou simplement curieux. Ainsi, le 25 septembre 1962, pour le lancement du film Le jour le plus long , le producteur Darryl F. Zanuck organise un spectacle grandiose à Paris. A cette occasion, Édith Piaf, accompagnée d'un feu d'artifice de 1500 fusées, chante depuis le premier étage de la tour Eiffel devant 25 000 parisiens. En 1966, pour le lancement de la campagne mondiale contre la faim, Charles Aznavour et Georges Brassens y chantent. Le 14 juillet 1995, c’est au tour de Jean-Michel Jarre de donner un concert au pied de la tour Eiffel pour célébrer les 50 ans de l'UNESCO, devant plus d'un million de spectateurs. Enfin, le 10 juin 2000, Johnny Hallyday y donne un concert et un spectacle pyrotechnique, devant 600 000 personnes, dont il tirera un disque: 100% Johnny - Live à la Tour Eiffel .
Photographie


En photographie, presque tous les plus grands artistes connus ont réalisé au moins un cliché la représentant en toile de fond ou comme sujet central.
Littérature


En littérature, la tour Eiffel a été abordée plus d’une fois par les écrivains. Sujet central d’un livre ou simple décor, elle a émaillé la création littéraire du à nos jours. L’effet de nouveauté et de mode se dissipant au fur et à mesure, le monument apparaît moins fréquemment dans la littérature contemporaine que dans celle de la fin du et de la première moitié du .

Il est également à noter que les auteurs ayant traité de l'édifice, sont en majorité français, ou du moins, francophones.

Au moment de son édification et au tout début de son exploitation, le monument a avant toutes choses fait l’objet d’analyses critiques personnelles, le plus souvent publiées dans des journaux de l'époque et le plus souvent négatives, les artistes abordant les thèmes récurrents du défi technique, industriel et commercial que la tour représentait à l’époque, de son influence sur le rayonnement de la France à l’étranger, l’ aspect esthétique ou au contraire inesthétique de la tour ou encore de son intérêt scientifique potentiel ou au contraire de son inutilité.

Par la suite, devant le succès populaire qu’elle a remporté auprès du grand public, un grand nombre d’écrivains ont revu leurs considérations, balayant leurs dernières réserves.

Sans doute est-ce Roland Barthes qui décrit le mieux ce sentiment d'attrait/répulsion des artistes vis-à-vis de la tour Eiffel :



( ) de Guy de Maupassant, paru en 1890. L'écrivain se montre critique envers la tour Eiffel. Dès les premières lignes, le ton est donné : « J'ai quitté Paris et même la France, parce que la tour Eiffel finissait par m'ennuyer trop. … ».]]

Elle a ainsi été abordée dans des romans : Léon-Paul Fargue revient sur l’analyse critique de ses pairs, sur la tour à ses débuts (Le piéton de Paris , 1932-1939), de même que Pierre Mac Orlan, qui tout en rappelant qu’au départ, pour les artistes, « vitupérer contre la tour … était un brevet de sensibilité littéraire et artistique », souligne l’intérêt scientifique et militaire qui a ensuite été reconnu à la tour (La Tour, Javel et les Bélandres, Villes , in Œuvres complètes ), enfin dernièrement, Pascal Lainé aborde l’histoire de la conception, de la construction et des premières années d’exploitation de la tour à travers une narration romancée (Le Mystère de la tour Eiffel , 2005). En cela, il se rapproche de Dino Buzzati, qui dans Le K. , mettait en scène un ouvrier fictif qui aurait travaillé sur le chantier de la tour en 1887-1889. Néanmoins, Buzatti procède différemment de Lainé, son texte étant un nouvelle, pas un roman, et le ton utilisé étant fantastique et non réaliste comme pour Pascal Lainé.

En poésie, Guillaume Apollinaire en a fait un calligramme nationaliste (Calligrammes , 1918) et un texte que René Étiemble considère, dans Essais de littérature (vraiment) générale , comme un exemple d’haïku occidental réussi (« Bergère ô tour Eiffel / Le troupeau des ponts / Bêle ce matin »). En juillet 1888, François Coppée, fustige la tour Eiffel qu’il traite de « mât de fer aux durs agrès / Inachevé, confus, difforme », de « symbole de force inutile », d’« œuvre monstrueuse et manquée » ou encore de « mât ridicule » (Sur la tour Eiffel, deuxième plateau , Poésies ). En mai 1889, par poésie interposée, Raoul Bonnery lui répond : « Tu mis la fleur de ta science/ A m'appeler « Monstre hideux » / Un peu plus de reconnaissance / T'eût convenu peut-être mieux. », ou encore « Quel sang dans tes veines circule / Pour t'écrier avec mépris, / Que je suis un mât ridicule / Sur le navire de Paris. / Un mât ? J'accepte l'épithète, / Mais un mât fier, audacieux, / Qui saura, portant haut la tête, / Parler de progrès jusqu'aux cieux. » (La tour Eiffel à François Coppée, le jour de ses 300 mètres , in Le Franc journal ). Au contraire des exemples précédents, Vicente Huidobro, Blaise Cendrars et Louis Aragon lui rendent hommage (respectivement dans Nord-Sud , n°6-7, 1917, La tour en 1910 in Dix-neuf poèmes élastiques , 1913 et La tour parle in La tour Eiffel de Robert Delaunay ).

Au théâtre, la tour Eiffel a fait l’objet des pièces Une visite à l'exposition de 1889, vaudeville en 3 actes et en 10 tableaux (Henri Rousseau) et Les mariés de la tour Eiffel (Jean Cocteau, 1921).

Le monument du Champ-de-Mars a également été traité sous des formes particulières : journal (Jules de Goncourt et Edmond de Goncourt, Journal , tome VIII, 6 mai et 2 juillet 1889), récit de voyage (Guy de Maupassant, , 1890), où l’écrivain dit son dégoût de la tour Eiffel, étude sémiologique (Roland Barthes, La Tour Eiffel , 1964), mais aussi préface de livres, discours à une conférence, article dans une revue etc.
Cinéma-Télévision


Dès que l'ingénierie cinématographique commença à se développer, la tour Eiffel fut filmée par les cinéastes les plus illustres, mais dans un premier temps, uniquement sous la forme du documentaire (Panorama pendant l'ascension de la Tour Eiffel , Louis Lumière, 1897, Images de l'exposition 1900 , Georges Méliès, 1900).

La première fiction ayant la tour Eiffel comme décor principal est un moyen métrage français, Paris qui dort (René Clair, 1923). Dans ce court film (35 minutes), un scientifique plonge Paris dans le sommeil. Une poignée d'hommes et de femmes, qui se réfugient dans les hauteurs de la tour Eiffel, échappent au sort réservé aux autres habitants de la capitale.

En 1930, avec La fin du monde , Abel Gance réalise le premier long métrage (1h45) et pousse les recherches pour mettre en valeur l'esthétisme des structures de la tour.

Dans les années 1940, l'imagerie véhiculée par la tour Eiffel commence à s'intégrer dans des films américains. Ainsi, Ninotchka, un des plus grands succès du réalisateur d'origine allemande émigré aux États-Unis Ernst Lubitsch, utilise l'image de la tour Eiffel d'une manière symbolique.

En 1949, Burgess Meredith réalise L'homme de la Tour Eiffel (The man on the Eiffel Tower ), la première adaptation au cinéma d'un roman de Georges Simenon. Charles Laughton qui incarne le commissaire Maigret, doit résoudre un meurtre commis à la tour Eiffel, ce qui le pousse à revenir plusieurs fois sur les lieux à la recherche d'indices.

Le 4 juin 1966, est diffusé le premier téléfilm important ayant un rapport avec la tour Eiffel, La Rose de fer , 39e épisode de la première série (1958-1973) des Cinq Dernières Minutes .

A partir des années 1980, la tour Eiffel apparaîtra dans plusieurs grands films américains. En 1985, Dangereusement vôtre (A View to a Kill ), le quatorzième James Bond produit au cinéma par EON Productions et le dernier des sept films tourné par Roger Moore dans ce rôle, met en scène la tour Eiffel dans un film d'action grand public (budget de 30 000 000 de $, 42.9 millions d'entrées dans le monde et 152 400 000 de $ de recettes au total pour l'exploitation au cinéma.

Puis le cinéma américain sera de plus en plus friand d'apparitions de la tour, notamment pour son effet pratique et symbolique. Elle permet, en effet, de signifier en un seul plan ou une seule séquence, même courte, que l'action se situe en France, ou à Paris. Ainsi, dès 1953, Byron Haskin la montre détruite dans son adaptation de La Guerre des mondes .

Ce genre d'images (la tour Eiffel détruite) sera par la suite souvent utilisée dans des films américains pour signifier un danger planétaire immédiat et grave, comme en 1996 dans Independence Day et Mars Attacks! ou encore Armageddon en 1998.

Autres formes artistiques


En plus d'un siècle d'existence, l'image du célèbre monument parisien a été utilisée maintes fois, sous de très nombreuses formes (monnaies, billet de banque, timbres, logotypes, etc), mais citons à titre d'exemple les domaines suivants :

Jeux vidéos :

Dans le jeu de stratégie en temps réel Command & Conquer (1995), la tour Eiffel est un des objectifs de mission possible du GDI (en français, Groupement de défense internationale ou en version originale Global Defense Initiative). Cinq ans plus tard, elle apparaît de nouveau dans Command & Conquer : Alerte Rouge 2 (2000) Dans le jeu pour Playstation Twisted Metal 2 (1996), la tour Eiffel apparaît dans un des 11 niveaux (le niveau « Monumental Disaster » qui se passe à Paris). La tour apparaît aussi de manière plus ou moins importante dans (2004), Evil Genius (2005) et dernièrement dans (2006).

Bandes dessinées :

Une des bandes dessinées la plus connue pour son utilisation de la tour Eiffel, est peut-être Adèle Blanc-Sec, T2 : Le démon de la Tour Eiffel de Jacques Tardi.

La tour Eiffel apparaît sur la couverture d'un album de Blake et Mortimer dessiné par Edgar P. Jacobs, S.O.S. Météores (tome 8), sans toutefois jouer le moindre rôle dans l'histoire.

Sans être à proprement parler une bande dessinée, André Juillard a réalisé 36 vues de la tour Eiffel , a la manière d'Hokusai avec ses Trente-Six Vues du mont Fuji (estampes, 1831) et Henri Rivière avec ses 36 vues de la tour Eiffel (lithographies, 1902).
Les illuminations de la tour
La tour pendant l'Exposition universelle de 1900La tour arborant la publicité « Art déco » imaginée par André Citroën en 1925La tour illuminée par le feu d'artifice du 14 juillet 2005





Depuis ses débuts, la tour Eiffel a toujours su mettre en valeur sa structure particulière par des jeux de lumière, que ce soit par le biais des feux d’artifice, du gaz, de l’électricité, des néons ou encore du sodium à haute pression.

Ainsi, dès 1888, avant même son achèvement, des feux d’artifices étaient tirés depuis le deuxième étage, et encore maintenant, il est le lieu de rendez-vous des parisiens tous les 14 juillet.

En 1889, et dans un premier temps, les éclairages de la tour se font à l'aide de 10 000 becs de gaz, mais dès 1900, dans le cadre de l’Exposition universelle qui se tient à Paris, ils se font à l’électricité.

En 1925, André Citroën fait installer une énorme publicité lumineuse pour sa marque, s’étendant en hauteur. Les illuminations par 250 000 ampoules en six couleurs figurent neuf tableaux, le dernier étant le nom Citroën avec un lettrage stylisé version Art Déco. Elle est installée jusqu'en 1933 bien que la ville ait multiplié par six sa taxe dès 1926.

En 1937, pour l’Exposition internationale des arts appliqués, André Granet conçoit un nouvel éclairage mettant en valeur la structure en dentelle de la tour les fontaines lumineuses s’harmonisent avec celles des jardins du Trocadéro.

En 1985, la SNTE (Société nouvelle d'exploitation de la tour Eiffel), le nouvel exploitant depuis le 1980, fait installer un éclairage jaune orangé placé à l'intérieur des structures de la tour, composé d’un dispositif de 352 projecteurs au sodium.

Puis la tour s’est symboliquement équipée à la manière d’un phare, à la manière d’un repère universel. Deux faisceaux lumineux balayent le ciel parisien jusqu’à une distance de 80 kilomètres. Ce « phare » est composé de quatre projecteurs motorisés de type « marine » munis de lampes au xénon de 6000 W d’une longévité de 1200 heures environ, pilotés par micro-ordinateur et synchronisés pour former un double faisceau en croix pivotant à 360°.

Pour le passage de l’an 2000, la tour Eiffel a été, en plus de son éclairage habituel, équipée de 20 000 flashes. Ces 20 000 ampoules à baïonnettes crépitaient tous les jours pendant 10 minutes à midi, et de la tombée de la nuit à 1 heure du matin, en plus de l’éclairage doré habituel, elles s’illuminaient pendant 5 minutes à chaque nouveau passage d’heure. Enfin, à 1 heure du matin, pour clore le spectacle, les ampoules brillaient pendant 10 minutes, mais cette fois-ci seules, c’est-à-dire sans l’éclairage habituel de la tour.

En juin 2003, la tour Eiffel remet en place le dispositif scintillant de l’an 2000, mais avec une nouvelle technologie. De la tombée de la nuit à 1 heure du matin l’hiver ou 2 heures du matin l’été, au passage de chaque heure,il vient se superposer à l’éclairage habituel qu’arbore la tour depuis 1986. Composé de 20 000 flashes, le scintillement a lieu pendant 10 minutes et pour finir, soit à 1 heure du matin l’hiver et 2 heures du matin l’été, il se fait seul, l’éclairage doré étant éteint.




Le 24 janvier 2004, un dispositif exceptionnel est mis en place pour célébrer le nouvel an chinois à Paris, qui en réalité, avait officiellement lieu cette année-là le 22 janvier au niveau mondial. Mis en place avec le partenariat d’EDF (intervenant via le Groupe Citelum), ce système fut lancé le samedi 24 janvier 2004 à la suite d’un défilé organisé sur les Champs-Élysées célébrant le nouvel an chinois à Paris. Il fut inauguré par Jean-Jacques Aillagon, le ministre français de la Culture et de la Communication, par Sun Jiazheng, son homologue, ministre chinois de la Culture et des maires de Paris, Bertrand Delanoë et Pékin, Wang Qishan.
Exploits sportifs
Parmi les principaux exploits sportifs ayant marqués l'histoire de la tour Eiffel peuvent être cités les faits suivants:

En avril 1900, Henry Deutsch de la Meurthe offre un prix de 100 000 francs (environ 320 000 €) à la première machine volante capable de parcourir le trajet aller-retour de Saint-Cloud à la tour Eiffel en moins de 30 minutes, ceci avant octobre 1904. Le 19 octobre 1901, Alberto Santos-Dumont réalise l'exploit en 30 minutes 42 s, avec son ballon dirigeable n°6 et gagne le prix qu'il partagera avec ses collaborateurs.

Le 4 février 1912, Franz Reichelt, homme d’origine autrichienne et tailleur de son état, décide de sauter du premier étage de la tour Eiffel, muni d’une voilure de son invention. Son saut fut filmé et le document de quelques dizaines de secondes existe toujours. Dans ce document, l’homme commence par tourner sur lui-même, face à la caméra, fier de montrer son « parachute », qui n’est qu’en fait, une sorte de pardessus amélioré. Ensuite, on le voit sur le rebord du premier étage, pris de longues hésitations avant le saut. Il saute. La chute est très rapide. Il s’écrase et bien vite, la foule des curieux amassés au pied de la tour Eiffel, observent son corps et le trou qu’il a laissé dans le sol du Champ-de-Mars. L’autopsie a montré que Reichelt était mort d’une crise cardiaque, avant même d’avoir touché le sol.

Par son acte, cet homme-oiseau fut le précurseur d’une longue série de personnes réalisant des sauts depuis la tour. Certaines ont réussi, d’autres y ont laissé leur vie.

C’est que, si la tour Eiffel n’avait connu qu'un seul accident mortel (voir plus haut) durant sa construction, les statistiques furent différentes après. Ainsi, il y aurait eu au total, 366 morts depuis les débuts de la tour Eiffel, tous motifs confondus : défis sportifs ratés, accidents, suicides, etc. Depuis plusieurs décennies, la société exploitant le monument a mis en place un système de filets de sécurité empêchant les accidents et dissuadant les aventuriers. Malgré cela, certains arrivent encore à passer outre et à braver le danger. Par exemple, il en fut ainsi le 17 mai 2005, lorsqu’un Norvégien de 31 ans, accompagné de deux amis, tous adeptes du base jump, s'est tué vers 22 heures en voulant sauter en parachute du deuxième étage de la tour Eiffel. Malgré les protections, il avait réussi à s'élancer de la tour mais s'était encastré peu après sur les structures du premier étage, mourant sur le coup.

Quelques premières d'exploits sportifs ayant pour cadre la tour Eiffel
Dirigeable numéro 6 d'Alberto Santos-Dumont (1901)Forestier, vainqueur du « championnat de l'escalier » (1905).Franz Reichelt, l' « homme-oiseau » (1912)



Saut dans le vide :
Le 4 février 1912 à 8h30, Franz Reichelt, artisan tailleur d'origine autrichienne, saute dans le vide avec un « parachute » de son invention et s'écrase au sol.
Le 25 juin 1987 Le Néo-Zélandais A.J. Hackett réalise un saut à l'élastique (non autorisé) depuis la 2e étage de la tour Eiffel.
Montée/descente des marches :
Le 9 septembre 1891 : Un boulanger Landais, Sylvain Doinon, monte sur des échasses les marches qui mènent au premier étage.
Le 26 novembre 1905 : Le quotidien Le Sport organise le « championnat de l'escalier » regroupant 227 concurrents. Le vainqueur atteint le deuxième étage en 3 minutes 12 secondes.
En 1921 : Première descente en rappel.
Le 2 juin 1923, Pierre Labric dévale en vélo les marches depuis le premier étage de la tour Eiffel.
Aviation :
Le 19 octobre 1901 : Alberto Santos-Dumont approche la tour Eiffel avec son dirigeable numéro 6.
Le 18 octobre 1909, à 17 heures : Le comte de Lambert survole la tour Eiffel aux commandes d'un Wright.
Équilibre acrobatique :
Le 6 juin 1952 : la trapéziste Rose Gold effectue une démonstration sans filet à 118 mètres au-dessus du sol.
En août 1989 : L'équilibriste Philippe Petit rallie l'esplanade du Trocadéro depuis le deuxième étage de la tour Eiffel sur un fil d'une longueur de 760 mètres.
Le 31 décembre 1996 : Le grimpeur urbain français Alain Robert monte à mains nues et sans protection la tour Eiffel. Parti de la base à 23h15, il escalade la face Ouest par moins dix degrés et atteint le sommet vers minuit.
Victor Lustig: « l'homme qui vendit la tour Eiffel »
Un des exploits les plus marquants, bien que sans valeur sportive, reste sans doute celui de l'escroc Victor Lustig, qui réussit en 1925 à vendre la tour Eiffel en pièces détachées à un ferrailleur. Lustig, aidé de Dan Collins, surnommé « Dapper Dan », un acolyte rencontré à New York, avait lu comme tout le monde dans la presse la possibilité évoquée de démolir la tour Eiffel. Il en profita pour faire de faux documents du ministère des Postes et Télégraphes, organisme responsable de la tour, sélectionna les cinq plus importantes compagnies récupératrices de métaux ferreux qu'il convoqua à l'hôtel de Crillon, place de la Concorde, à Paris, soi-disant pour effectuer la transaction en toute discrétion. Seuls étaient censés être dans la confidence le président de la République, le ministre, le sous-ministre (incarné par Victor Lustig) et son chef de cabinet (incarné par Dapper Dan, son complice). Il leur annonça : « Messieurs, le gouvernement devra démolir la tour Eiffel ! Et vous êtes ici pour soumissionner ! », les conduit à la tour Eiffel en limousine qu'il leur fit visiter, puis sélectionna le ferrailleur le plus crédule, en lui annonçant qu'il avait gagné le marché. Celui-ci accepta de faire un gros chèque, représentant soi-disant la moitié de la moitié de la soumission, augmentée en plus d'un pot-de-vin !

Après avoir encaissé le chèque, les deux escrocs s'enfuirent pour l'Autriche. Quelques temps plus tard, ils revinrent à Paris pour retenter leur chance avec de nouveaux ferrailleurs, mais la police était sur le coup et les deux compères s'échappèrent en bateau à New York.

Cet exploit fut repris dans le livre L'homme qui vendit la tour Eiffel (The Man Who Sold the Eiffel Tower ) de James F. Johnson et Floyd Miller. Édition Doubleday, 1961 pour la version originale et Calmann-Lévy, 1963 pour la traduction française. De plus, en 1964, Claude Chabrol en a fait un court-métrage intitulé L'homme qui vendit la tour Eiffel (il s'agit d'un des segments d'un film à sketches narrant l'escroquerie vue par cinq cinéastes de renom, Les plus belles escroqueries du Monde , qui comprend aussi les réalisations La Rivière de Diamants de Roman Polanski, Les Cinq Bienfaiteurs de Fumiko d'Hiromichi Horikawa, La Feuille de Route d'Ugo Gregoretti et Le Grand escroc de Jean-Luc Godard).

Données chiffrées

Une tour de très grande hauteur

Plus haut bâtiment de tous les temps à son inauguration en mars 1889, la tour Eiffel a depuis été largement dépassée dans la course à la hauteur.

Actuellement, le gratte-ciel le plus haut est Taipei 101 (508 mètres), si on ne prend en compte que le bâtiment seul, c'est-à-dire la distance sol-toit de l'édifice, mais si on prend aussi en compte l'antenne, il s'agit cette fois de la tour Sears (529 mètres, pour 442 mètres sans antenne). Si maintenant, au-delà des immeubles habités ou abritant des bureaux, on élargit à tous types de structures, les records sont en fait détenus par des tours de télétransmission. Ainsi, l'édifice le plus haut ayant jamais été bâti par l'homme est la tour de transmission de Radio Varsovie avec 646 mètres. Ce mât s'étant effondré le 8 août 1991, l'actuel record est en fait détenu par le mât de télédiffusion de la station KVLY (Dakota du Nord) avec 629 mètres.

Mais depuis quelques mois ont commencés à Dubaï les travaux d'un chantier et d'un projet gigantesque : l'édification d'un immeuble dont la hauteur totale estimée serait de l'ordre de 810 mètres. Burj Dubaï devrait ainsi voir le jour en 2008 et devenir - de loin- le plus haut monument du monde. Au 2006, la hauteur de cette tour serait équivalente à 42 étages sur les 161 prévus au final.

En moins de 120 ans, le record de hauteur de la tour Eiffel serait donc multiplié par 2,7 (de 300 mètres pour la tour Eiffel à l'origine à 810 mètres pour Burj Dubaï).

Il n'en reste pas moins que l'édifice de Gustave Eiffel a battu à son époque plusieurs records. Tout d'abord record du monde de hauteur, certes largement battu depuis, ensuite record (relatif) de longévité en restant 41 ans le plus haut bâtiment du monde (la grande pyramide de Gizeh a tenu cette même place pendant une durée 100 fois plus longue) et enfin, à l'inauguration en 1889, en augmentant d'un seul coup de 130 mètres le record qui était détenu à l'époque par l'obélisque de Washington (300 mètres pour la tour Eiffel contre 169 mètres pour l'obélisque).

Au , bâtir un monument de très grande hauteur était ambivalent. Bien que critiquée par certains, cette idée était néanmoins dans l'air du temps. Comme le dira Eugène-Melchior de Vogüé à propos du projet de la tour Eiffel, édifier une tour de grande hauteur est un rêve et un défi qui « remuait obscurément depuis quelques années dans le cerveau des ingénieurs ».

Édifiés sur de longues périodes et avec de nombreux ouvriers, les édifices religieux ont été les premiers à prouver que construire des structures de grande hauteur pouvait être techniquement possible. Ainsi en est-il de la Cathédrale de Rouen, qui après un incendie en 1822, se voit coiffée en 1837 d’une flèche en fonte de 40 mètres de hauteur, ce qui portera sa hauteur à 150 mètres et en fera le plus haut édifice du monde de 1876 à 1880, soit 9 ans seulement avant l'inauguration de la tour Eiffel qui fera… le double de hauteur.

La pierre seule permet certes d'atteindre de grandes hauteurs, mais elle a toutefois ses limites. L'obélisque de Washington en est la preuve. Les premiers plans de la colonne sont dessinés en 1838, les travaux débutèrent en 1848 et il était prévu à l'origine que le monument, fait de marbre, de grès et de granit, atteigne 180 mètres de hauteur. Le chantier durera 37 ans, sans pourtant jamais atteindre l'objectif initial. Achevé le 6 décembre 1884, inauguré le 20 février 1885, le Washington Monument sera officiellement ouvert au public le 9 octobre 1888, affichant 169 mètres, soit 10 de moins que prévus. De 1884 à 1889, il sera la plus haute structure du monde, avant que la tour Eiffel ne vienne le détrôner avec ses 300 mètres.

Mais en réalité, les ingénieurs du savent que seule la maîtrise de la technique du fer peut leur permettre d’envisager sérieusement d'édifier une structure très haute. Que ce soit en Angleterre, en France ou aux États-Unis, les projets vont se multiplier pour atteindre l'objectif de 300 mètres. En 1833, Richard Trevithick, expert britannique des machines à vapeur, est le premier à proposer un projet de colonne en fonte ajourée, haute de 1 000 pieds (≈300 mètres).

En France, dans les années 1880, le principal concurrent de Gustave Eiffel est Jules Bourdais, qui est loin d'être un inconnu puisqu'il a imaginé et construit, avec Gabriel Davioud, le palais du Trocadéro, dans le cadre de l'exposition universelle de 1878. Bourdais va d'abord imaginer une tour de 300 mètres en granit, mais le projet ne prenant pas assez en compte le problème de la résistance des matériaux, ce matériau sera finalement remplacé par le fer en 1886, lors du concours qui l'oppose à Gustave Eiffel pour construire une tour de 300 mètres pour l'Exposition universelle de 1889. Si Jules Bourdais est resté connu comme un concurrent sérieux d'Eiffel, c'est qu'il a su promouvoir, comme son adversaire, son projet de tour auprès des hommes politiques, des médias et du grand public. Mais les autres ingénieurs ne sont pas en reste. Le nombre élevé de projets déposés en mai 1886, 107 exactement, en témoigne. Même s'ils ne semblent pas tous réalistes, cela prouve que Gustave Eiffel est loin d'être le seul ingénieur à avoir planché sur ce projet de très haute tour.

De leur côté, les ingénieurs-architectes savent donc que le métal peut leur permettre de construire des structures toujours plus élevées. Mais encore leur faut-il ne pas trop sous-estimer l'aspect esthétique ou utilitaire.

Dès la conception, Stephen Sauvestre avait donné un vernis esthétique à la tour Eiffel et Gustave Eiffel avait souligné son futur intérêt scientifique. Et pourtant cela n'empêcha pas les artistes de son époque de dénigrer violemment son projet. Alors que les fondations de l'édifice n'avaient commencé que quelques jours plus tôt, le 28 janvier 1887 exactement, une lettre de protestation d'artistes paraissait dans le journal Le Temps le 17 février 1887. Signée de grands noms de l'époque (Alexandre Dumas fils, Guy de Maupassant, Charles Gounod, Leconte de Lisle, Charles Garnier, Sully Prudhomme etc), elle se montrait très virulente à l'égard de la hauteur de la tour qui viendrait, selon eux, défigurer Paris :



Ce à quoi fut répondu, dans le cadre d'un débat houleux mêlant des personnalités de l'époque, des responsables politiques, des journalistes, des ingénieurs :



Avec le temps, la course à la hauteur est devenue plus courante, s'est développée dans de nombreux pays, notamment dans le but d'affirmer sa supériorité technologique et économique.

La tour Eiffel, quant à elle, a attiré les foules depuis son inauguration, faisant taire les réticences petit à petit. Par exemple, deux ans après avoir signé la « protestation des artistes », Sully Prudhomme dira :

La place de la tour Eiffel parmi les plus hauts bâtiments de 1889

En 1889, avant que la tour Eiffel ne soit officiellement achevée, seuls trois monuments au monde dépassaient 150 mètres, soit la moitié de la taille du monument parisien, la Cathédrale de Rouen (150 mètres), la Cathédrale de Cologne (169 mètres) et l'Obélisque de Washington (170 mètres). Avec ses 300 mètres, la tour Eiffel dépasse donc largement tous les autres grands bâtiments du monde existants à l'époque.

La place de la tour Eiffel parmi les plus hauts bâtiments du monde

Le graphique ci-dessous montre l'évolution dans le temps et en hauteur des plus hautes structures du monde depuis 1300. Si la tour Eiffel n'établit pas un record absolu en la matière, elle y figure néanmoins en bonne place.

Chronologie des plus hautes structures du monde du à nos jours
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Period = from:1300 till:2006 TimeAxis = orientation:horizontal format:yyyy ScaleMajor = unit:year increment:100 start:1300 gridcolor:grid1 ScaleMinor = unit:year increment:25 start:1300 gridcolor:grid2 AlignBars = justify

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  1. Les bâtiments
width:20 fontsize:7 textcolor:black anchor:from align:left color:gris1 barset:gris1 from:1300 till:1549 text:"1300-1549 Lincoln Cathedral, Lincoln, Angleterre, 160 m" align:right from:1549 till:1625 text:"1549-1625 Oleviste kirik, Tallinn, Estonie, 159 m" from:1625 till:1847 text:"1625-1847 Cathédrale Notre-Dame, Strasbourg, France, 143 m" from:1847 till:1876 text:"1847-1876 St.-Nikolai-Kirche, Hambourg, Allemagne, 147 m" from:1876 till:1880 text:"1876-1880 Cathédrale Notre-Dame, Rouen, France, 151 m" from:1880 till:1884 text:"1880-1884 Kölner Dom, Cologne, Allemagne, 157 m" from:1884 till:1889 text:"1884-1889 Washington Monument, Washington, District de Columbia, États-Unis d'Amérique, 169 m" from:1889 till:1930 color:gris2 text:"1889-1930 Tour Eiffel, Paris, France, 300 m" from:1930 till:1931 text:"1930-1931 Chrysler Building, New York, État de New York, États-Unis d'Amérique, 319 m" from:1931 till:1954 text:"1931-1954 Empire State Building, New York, État de New York, États-Unis d'Amérique, 381 m" from:1954 till:1956 text:"1954-1956 Griffin Television Tower Oklahoma, Oklahoma City, État de l'Oklahoma, États-Unis d'Amérique, 481 m" from:1956 till:1959 text:"1956-1959 KOBR-TV Tower, Roswell, État du Nouveau-Mexique, États-Unis d'Amérique, 491 m" from:1959 till:1960 text:"1959-1960 WGME TV Tower, Raymond, État du Maine, États-Unis d'Amérique, 495 m" from:1960 till:1962 text:"1960-1962 KFVS TV Mast, Cape Girardeau County, État du Missouri, États-Unis d'Amérique, 511 m" from:1962 till:1963 text:"1962-1963 Ray-Com Media Tower Cusseta, Columbus, État de Georgie, États-Unis d'Amérique, 533 m" from:1963 till:1963 text:"septembre 1963-novembre 1963 WIMZ-FM-Tower, Knoxville, État du Tennessee, États-Unis d'Amérique, 534 m" from:1963 till:1974 text:"1963-1974 KVLY-TV mast, Blanchard, État du Dakota du Nord, États-Unis d'Amérique, 629 m" from:1974 till:1991 text:"1974-1991 Maszt radiowy w Konstantynowie, Konstantynów, Pologne, 646 m" from:1991 till:2006 text:"1991-2006 KVLY-TV mast, Blanchard, État du Dakota du Nord, États-Unis d'Amérique, 629 m"

Notes :
  • 1/ Pendant presque 4 000 ans, la plus haute structure du monde était la grande pyramide de Gizeh, avant que la cathédrale de Lincoln ne prenne cette place vers 1300.
  • 2/ En 1549, sa flèche centrale fut détruite par une tempête ce qui donna la première place à l'église St. Olav située à Tallinn, malgré sa hauteur inférieure d'un mètre.
  • 3/ À son tour, celle-ci fut frappée par la foudre en 1625, sa flèche s'écroula, faisant de la cathédrale Notre-Dame de Strasbourg le plus haut bâtiment du monde, et ce pendant plus de 220 ans.
  • 4/ En 1963, le mât de télédiffusion de la station KVLY dans le Dakota du Nord devient la plus haute structure du monde avant d'être remplacé dans cette position, par la tour de transmission de Radio Varsovie en 1974. Lorsque celle-ci s'écroule en 1991, bien qu'ayant 17 mètres de moins, le mât de télédiffusion de la station KVLY reprend à nouveau la première place qu'il a gardée depuis.



En restant pendant 41 ans le plus haut bâtiment du monde, la tour Eiffel n'a pas établi un record, mais sa « performance » reste remarquable, puisque depuis des millénaires, seules quatre autres structures bâties par l'homme ont fait mieux :
1) La grande pyramide de Gizeh, plus haut monument du monde pendant presque 4 000 ans.
2) La cathédrale de Lincoln, plus haut monument du monde pendant environ 250 ans.
3) La cathédrale Notre-Dame de Strasbourg, plus haut monument du monde pendant 222 ans.
4) L'église St. Olav à Tallinn, plus haut monument du monde pendant 76 ans.


Au niveau de la longévité, la tour Eiffel arrive donc à 5 place, mais avec la manière, puisque elle augmente de plus de 130 mètres le précédent record de l'obélisque de Washington, performance inégalée dans l'histoire.

Fréquentation de la tour Eiffel

Après le succès populaire pendant l’Exposition universelle de 1889 et le demi-succès de l’Exposition universelle de 1900, le nombre de visiteurs ne décollera qu’une fois la Seconde Guerre mondiale terminée.

Ainsi, entre 1901 et 1914, entre 120 000 et 260 000 personnes en font l’ascension chaque année, de 1915 à 1918 inclus, elle est fermée du fait de la Première Guerre mondiale, de 1919 à 1939, la tour Eiffel attire en moyenne 480 000 visiteurs par an avec des pics à 800 000 entrées pendant l’Exposition coloniale de 1931 et l’Exposition internationale de 1937, de 1940 à 1945 inclus, elle est de nouveau fermée pour cause de Seconde Guerre mondiale.

Une fois cette période passée, le nombre de visiteurs annuels ne cessera d’augmenter : 1 300 000 en moyenne de 1946 à 1962 et ce n’est véritablement qu’à partir de 1963 que les entrées se développent, notamment grâce à l’essor du tourisme international. En effet, en 1963, la tour Eiffel repasse pour la première fois le cap des 2 millions de visiteurs, soit le même que pour son année inaugurale soixante-quatorze ans plus tôt, à la différence majeure que cette fois-ci, ce cap symbolique de 2 millions d’entrées sera amélioré chaque année. En 1972 le cap des 3 millions d’entrées est dépassé, en 1984 c’est celui des 4 millions, en 1989 celui des 5 millions, et enfin en 1998 celui des 6 millions.

À l’heure actuelle, ce sont donc plus de 220 millions de visiteurs qui ont foulé de leurs pieds la tour Eiffel. Au rythme actuel, cela signifie que le cap des 300 millions de visiteurs serait franchi vers 2017 et en réalité, probablement avant cela, la progression du nombre d’entrées étant exponentielle.

Un des monuments payants les plus visités en France et au monde

Pour prendre la mesure de la popularité de la tour Eiffel, il convient de savoir que la tour Eiffel est un des monuments les plus visités d'Île-de-France, une des régions les plus touristiques de France, le pays étant lui-même la première destination mondiale avec 75,1 millions de touristes en 2004. Lorsque l'on compare la fréquentation de la tour Eiffel avec celle des autres monuments parisiens, il convient de se rappeler que son accès n'est pas gratuit et qu'elle ne permet d'accueillir qu'un nombre limité de visiteurs simultanés.

Les 10 pays les plus visités au monde (en 2004)
ClassementPaysNombre de touristes
(en millions)
1er75,1
2e53,6
3e46,1
4e41,8
5e37,1
6e27,7
7e21,8
8e20,6
9e20,1
10e19,4


Les 10 principales attractions touristiques d'Île-de-France (source : ORTIF, chiffres 2004)
ClassementMonumentNombre de touristes
(en millions)
1erCathédrale Notre-Dame de Paris12 800 000
2eDisneyland Resort Paris12 400 000
3eBasilique du Sacré-Cœur de Montmartre8 000 000
4eMusée du Louvre6 600 398
5eTour Eiffel6 229 993
6eCentre Georges-Pompidou5 368 548
7eChâteau de Versailles3 300 200
8eCité des Sciences et de l'Industrie du Parc de la Villette2 795 000
9eMusée d'Orsay2 590 316
10eMuséum national d'histoire naturelle1 444 744

La fréquentation depuis 1889

Le premier tableau montre la fréquentation annuelle de la tour Eiffel depuis 1889, avec deux périodes de fermeture au public (1915-1918 et 1940-1945), tandis que le deuxième tableau indique, pour chaque année, la fréquentation cumulée depuis 1889.

===== Fréquentation annuelle (en visiteurs uniques) =====
Nombre de visiteurs annuels, de 1889 à nos jours (au 31/12/2005)
AnnéeVisiteursAnnéeVisiteursAnnéeVisiteursAnnéeVisiteursAnnéeVisiteursAnnéeVisiteurs
18891 968 2871909181 5741929577 62419491 143 04619692 561 15719895 580 363
1890393 4141910203 8031930580 07519501 026 63119702 757 76819905 698 613
1891335 8291911204 1681931822 55019511 129 63719712 899 07019915 442 346
1892277 2761912258 9501932339 24219521 250 09419723 003 65919925 747 357
1893265 8941913261 3371933363 72019531 204 37119732 914 81419935 537 155
1894210 8361914152 7251934322 96919541 301 15219743 018 45519945 419 462
1895218 9741915Fermée1935288 64319551 435 19219753 045 57319955 212 677
1896226 6541916Fermée1936264 14519561 476 40019763 050 60619965 530 279
1897199 8271917Fermée1937809 97819571 632 64719773 298 84419975 719 773
1898183 3911918Fermée1938258 30619581 591 00519783 430 88619986 051 603
1899149 5801919311 7141939252 49519591 668 55819793 429 57119996 368 534
19001 024 8871920417 8691940Fermée19601 735 23019803 594 19020006 315 324
1901131 7241921426 6351941Fermée19611 763 44819813 393 20820016 103 987
1902121 1441922422 1721942Fermée19621 735 79619823 399 68320026 157 042
1903122 9791923551 4441943Fermée19632 013 59419833 701 55820035 864 969
1904156 9181924585 7301944Fermée19642 143 17319844 183 85720046 230 050
1905169 7701925631 7581945Fermée19652 295 19319854 368 57320056 428 441
1906182 3991926657 0041946603 34919662 405 55419864 386 2912006
1907190 0261927555 08719471 009 16119672 416 50219874 293 1872007
1908189 3381928634 8191948958 38619682 070 41719884 668 4682008



===== Fréquentation annuelle (en visiteurs cumulés) =====
Nombre de visiteurs cumulés, de 1889 à nos jours (au 31/12/2005)
AnnéeVisiteursAnnéeVisiteursAnnéeVisiteursAnnéeVisiteursAnnéeVisiteursAnnéeVisiteurs
18891 968 28719096 900 721192913 753 560194921 769 625196956 625 3761989129 044 000
18902 361 70119107 104 524193014 333 635195022 796 256197059 383 1441990134 742 613
18912 697 53019117 308 692193115 156 185195123 925 893197162 282 2141991140 184 959
18922 974 80619127 567 642193215 495 427195225 175 987197265 285 8731992145 932 316
18933 240 70019137 828 979193315 859 147195326 380 358197368 200 6871993151 469 471
18943 451 53619147 981 704193416 182 116195427 681 510197471 219 1421994156 888 933
18953 670 51019157 981 704193516 470 759195529 116 702197574 264 7151995162 101 610
18963 897 16419167 981 704193616 734 904195630 593 102197677 315 3211996167 631 889
18974 096 99119177 981 704193717 544 882195732 225 749197780 614 1651997173 351 662
18984 280 38219187 981 704193817 803 188195833 816 754197884 045 0511998179 403 265
18994 429 96219198 293 418193918 055 683195935 485 312197987 474 6221999185 771 799
19005 454 84919208 711 287194018 055 683196037 220 542198091 068 8122000192 087 123
19015 586 57319219 137 922194118 055 683196138 983 990198194 462 0202001198 191 110
19025 707 71719229 560 094194218 055 683196240 719 786198297 861 7032002204 348 152
19035 830 696192310 111 538194318 055 683196342 733 3801983101 563 2612003210 213 121
19045 987 614192410 697 268194418 055 683196444 876 5531984105 747 1182004216 443 171
19056 157 384192511 329 026194518 055 683196547 171 7461985110 115 6912005222 871 612
19066 339 783192611 986 030194618 659 032196649 577 3001986114 501 9822006
19076 529 809192712 541 117194719 668 193196751 993 8021987118 795 1692007
19086 719 147192813 175 936194820 626 579196854 064 2191988123 463 6372008

Informations diverses

Les répliques de la tour Eiffel

La tour Eiffel ne fut pas le premier projet d'une tour de grande hauteur, puisque par exemple, l'anglais Richard Trevithick imagine une colonne en fonte ajourée de 1 000 pieds (304,80 mètres) en 1833, l'américain James Bogardus imagine de surmonter le palais de l'Exposition universelle de New York d'une tour-observatoire de 90 mètres en 1853, les ingénieurs américains Clarke et Reeves imaginent pour l'Exposition universelle de Philadelphie en 1876 une tour de 1 000 pieds célébrant le centenaire de l'indépendance américaine, ou encore Jules Bourdais imagine avec Sébillot une tour de 300 mètres en granit au début des années 1880.

Par contre, la tour Eiffel fut le premier projet crédible d'une tour de grande hauteur et il fut le premier à être réalisé.

La tour Eiffel attira vite toutes les admirations ou toutes les jalousies d'autres pays, voire de certains ingénieurs. Ainsi, dès 1890, la Grande-Bretagne, fierté nationale oblige, lance un concours pour réaliser une tour de 1 200 pieds, soit environ 360 mètres. Soixante-dix projets seront présentés, mais leurs ressemblances avec la tour Eiffel est souvent tellement flagrante que le jury apparaît désappointé.

Les travaux commenceront finalement en 1893, mais le chantier ne sera jamais poursuivi au-delà de 50 mètres de hauteur.

Depuis, de nombreuses répliques ou imitations sont apparues à travers le monde (aux États-Unis, Japon, Angleterre etc)

Une exploitation commerciale rentable

Société d'exploitation de la tour Eiffel (SETE)
(exploitant pour la période allant du 01-01-2006 au 31-12-2015)
RCS Paris B 482 622 529
Siège social5 Avenue Anatole France - 75007 PARIS 07
SIRET48262252900022
Forme juridiqueSociété anonyme d'économie mixte à conseil d'administration
Capital social1 000 000 €
Code activité925C - Gestion du patrimoine culturel
Immatriculation07-06-2005
Propriété de l'État français pendant l'Exposition universelle de 1889, la tour Eiffel est ensuite devenue propriété de la Ville de Paris (article 11 de la convention du 8 janvier 1887).

Selon ce même article, Gustave Eiffel devient (en son nom propre) l'exploitant de la tour Eiffel. Dans un premier temps, il en possède la jouissance commerciale pour une durée de vingt ans, du 1890 au 31 mars 1909, après quoi, l'édifice est susceptible d'être détruit.

Devant l'intérêt scientifique reconnu au monument, Gustave Eiffel obtient une prolongation de son autorisation d'exploiter commercialement la tour Eiffel, à partir du 1 janvier 1910 et pour une période de 70 ans supplémentaires.

Par délibération du conseil municipal de Paris, ville propriétaire de la tour, la gestion du monument a ensuite été confiée, de 1980 à 2005, à la Société nouvelle d'exploitation de la tour Eiffel (SNTE), société d'économie mixte détenue à 30% par la ville de Paris et à 70% par la SAGI (Société anonyme de gestion immobilière), elle-même détenue à hauteur de 60% par Perexia , une filiale du Crédit foncier de France (Groupe Caisse d'épargne) et à 40% par la Ville de Paris.

Par délibération du conseil municipal de Paris en date du 13 décembre 2005, une nouvelle société, la Société d'exploitation de la tour Eiffel (SETE), détenue à hauteur de 60% par la Ville de Paris et à 40% par des partenaires privés (BTP Eiffage, Unibail, LVMH, Dexia Crédit local et EDF), a pris le relais de la SNTE dans la gestion du monument à la suite d'un appel d'offres lancé par la Ville de Paris, dans le cadre d'une délégation de service public.
'Résultats financiers de la Société nouvelle d'exploitation de la tour Eiffel (SNTE), en 2003/2004
20042003
Produits (TTC)
Entrées47,444,1
Sous-concessionnaires6,86,5
Autres (location de salles, droits d'image)1,11,3
Produits financiers1,11,2
TOTAL DES PRODUITS56,353,1
Charges
Frais de personnel18,519,6
Autres frais de gestion7,87
Frais d'animation10,6
Impôts et taxes4,64,3
Entretien19,718,6
TOTAL DES CHARGES51,647,7
Solde bénéficiaire
Versé à la Ville de Paris4,75,7
Société0,30,4
L'exploitation de la tour Eiffel donne du travail à quelque 500 personnes : 250 salariés (personnel d'accueil, technique et administratif) directement employés par la SETE et 250 par les différents concessionnaires (restaurants, boutiques) et institutionnels (la Poste, TDF, police) installés sur le monument.

Pour indication, dans le tableau ci-contre apparaît la fiche d'identité commerciale de la SNTE et de la SETE.

Dès 1889, la tour Eiffel fait l'objet de très nombreuses reproductions, on la retrouve par exemple sur des bouteilles, des bougies, des chromos, des pieds de lampe, etc.

Gustave Eiffel envisage alors d'exploiter commercialement l'image de sa tour. Jules Jaluzot, directeur du Printemps , lui propose même de lui racheter les droits exclusifs de reproduction pour fabriquer des copies en série et les vendre dans son magasin. Mais l'initiative provoque un tollé de nombreux artisans et Gustave Eiffel renonce à son idée initiale en abandonnant ses droits d'auteur dans le domaine public.

Ainsi, il est évident que Gustave Eiffel s'est privé d'une source de revenus très importante. Pour avoir un ordre d'idée du manque à gagner, il suffit d'imaginer ce qu'aurait pu rapporter l'exploitation commerciale de l'image sur les cartes postales représentant la tour Eiffel. Avec plus de 5 milliards d'unités, en cumulé depuis 1889, les cartes postales figurant le monument sont les plus vendues au monde.

Mais peu importe, Gustave Eiffel n'a pas besoin de cela financièrement. Sa fortune personnelle est élevée et la seule exploitation commerciale des entrées lui rapporte suffisamment.

Ainsi, la tour Eiffel avait coûté au final 7 800 000 francs-or. L'État français avait versé 1 500 000 francs sous forme de subventions et une société anonyme avait été spécialement créée à l'occasion de l'édification de la tour, avec un capital de 5 100 000 de francs. Cette société était détenue pour partie par Gustave Eiffel lui-même et pour partie par un consortium de trois banques. Or les seuls bénéfices obtenus à l'issue de l'Exposition universelle de 1889 avaient permis de rembourser intégralement le capital aux actionnaires.

De nos jours, la tour Eiffel est un des monuments payants les plus visités au monde et son exploitation est rentable. Ainsi, l'édifice est un des rares monuments français, sinon le seul, à avoir une réalité économique puisqu'elle ne fait appel à aucune subvention.

À titre d'exemple on reproduit ci-dessous une partie des résultats financiers au titre des années 2003 et 2004.

Les principaux travaux effectués

Ce tableau recense, étage par étage, les grandes phases de travaux effectuées.

Les 72 savants

Lors de la construction de la tour, Gustave Eiffel a fait graver les noms de soixante-douze scientifiques (mathématiciens, astronomes, physiciens, ingénieurs, chimistes…) en reconnaissance de leurs contributions. Ces noms s'étalent en lettres d'or sur la périphérie du premier étage. Ils furent recouverts de peinture au début du avant d'être restaurés en 1986 et 1987 par la Société nouvelle d'exploitation de la tour Eiffel (SNTE). Sur l'édifice, seul le nom de famille apparaît.

Face NordFace GrenelleFace École MilitaireFace Paris
SeguinJaminCauchyPetiet
LalandeGay-LussacBelgrandDaguerre
TrescaFizeauRegnaultWurtz
PonceletSchneiderFresnelLe Verrier
BresseLe ChatelierDe PronyPerdonnet
LagrangeBerthierVicatDelambre
BelangerBarralEbelmenMalus
CuvierDe DionCoulombBreguet
LaplaceGouinPoinsotPolonceau
DulongJousselinFoucaultDumas
ChaslesBrocaDelaunayClapeyron
LavoisierBecquerelMorinBorda
AmpèreCoriolisHaüyFourier
ChevreulCailCombesBichat
FlachatTrigerThénardSauvage
NavierGiffardAragoPelouze
LegendrePerrierPoissonCarnot
ChaptalSturmMongeLamé

Le mot « tour Eiffel » dans le monde

Cette liste énumère, à titre d'exemple, quelques unes des dénominations de la tour Eiffel dans le monde.















































Tháp Eiffel

Anecdote relative au poids de la tour

Pour prouver le faible poids de la tour Eiffel, un petit calcul amusant : Imaginons que l'on enferme la tour dans un cylindre à sa taille (soit 324m de haut et 88,3m de rayon), le poids de l'air à l'intérieur de ce cylindre, soit 10.265 tonnes est supérieur au poids de la tour, 10.100 tonnes

Pour approfondir

Informations pratiques